Haïku, ou l’ode à la nature

Le long de la rivière

Je n’ai vu aucun pont –

Ce jour est sans fin.

–   Masaoka Shiki

 

Forme de poésie japonaise née au XVIIème siècle et attribuée au poète Bashō Mastuo, le haïku suit toujours la même construction de 17 mores réparties sur trois vers de la façon suivante : 5, 7, 5 syllabes. C’est dans sa brièveté que tout se crée.

Tout est dans la suggestion plutôt que l’expression. L’interprétation d’un haïku est subjective et peut varier pour une même âme selon l’instant de vie. Il est souvent empreint d’un humour subtile et évoque un élément de nature tel un paysage ou une saison (le kigo).

À partir de la fin de XIXème siècle, plusieurs poètes occidentaux s’y sont frottés en respectant plus ou moins sa forme originelle, jouant sur le nombre de mores pour contourner la difficulté de la règle établie. Parmi eux, Paul Éluard (Pour Vivre ici, 1920) ou plus récemment Stéphanie Le Bail (Le bruit de l’eau, 2013).

Il est apaisant d’en écrire soi-même tant la rigueur mêlée à la douceur de cet exercice libère. 

En voici un deuxième pour ce dernier mois d’été.

 

Montagne d’été

Neige solitaire

La nuit même brille.

–   Kato Shuson

 

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